Auguste & Ava | La liste imaginaire
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La liste imaginaire

25 Déc La liste imaginaire

Je crois que je rêve en silence d’un cadeau qui ne serait pas spécialement offert à Noël, un cadeau qui ne serait pas concret, un souhait irréalisable. Simplement s’offrir le cadeau de pouvoir rêver à des choses qui nous émeuvent et qui nous laissent songeur. Un cadeau de la vie, de l’imaginaire.

Il est amusant de tenter de s’imaginer une hotte qui contiendrait des souvenirs de choses que nous avons aimer rencontrer par le passé ou dans l’année, celle qui pourrait contenir une variété de choses que nous n’aurions jamais autrement qu’à l’esprit, que dans nos notes, en photos ou dans un xième sous-dossier de notre ordinateur, des rêves de rencontres impossibles.

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Une hotte emplie de ce qui nous a fait et nous fera encore vibrer de nombreuses années. Que pourrait-il y avoir dans cette mystèrieuse hotte ? Une peinture de l’artiste Karina Bisch, dont je rêve depuis plusieurs années. Follow Follow (2010) du peintre iranien Ali Banisadr et Workshop III ou Building the City de Farah Atassi. Me perdre dans des pièces d’une maison pensée par Tadao Ando dans lesquelles se mêleraient des oeuvres de Daniel Buren, d’Olafur Eliasson, de James Turrell, de Dan Graham et Sol Lewitt, de Louise Bourgeois et de Pipilotti Rist, une sculpture représentant Le Corbusier de Xavier Veilhan et un tableau de Laurent Grasso, Ufo de Benjamin Laurent Aman et une oeuvre de Vincent Chenut, une toile de Maude Maris et un collage de Claire Trotignon, des photographies de Luigi Ghirri et une peinture d’Ed Ruscha, un ouvrier d’Irving Penn, le portrait de Baryshnikov par Richard Avedon et l’aveleur de sabre de Diane Arbus, une photographie de William Eggleston jouxtant celles de Lorca diCorcia et de Jeff Wall. Un mobile de Calder viendrait se poser quelque part ainsi que le Christ en bois de Michel Ange et la Marie Madeleine si frêle, si dolorosa de Donatello.Une photographie de Julia de Cooker rencontrerait celle de Pino Musi tirée de Face City ou d’une série à venir et, un carré noir sur fond blanc de Malevitch. Plus loin, se trouveraient peut être un être fantastique ou une Salomé de Gustave Moreau, des femmes dans un sous bois de Maurice Denis et, d’autres au bord d’une falaise de Puvis de Chavannes, le fifre de Manet, un tableau de Rothko, le Christ Mort de Mantegna ou celui de Philippe de Champaigne, un Christ en croix de Zurbaran ou de Velasquez, un grand fusain de Robert Longo pourquoi pas la panthère ou la femme voilée aux yeux de lynx. Un collage de Baldessari viendrait se frotter à une toile de Yan Pei Ming, un Paul Klee et des papiers découpés de Matisse, voire un Picasso de la période cubiste et un portrait de la période bleue. Il y aurait évidemment une grande pièce bibliothèque faite de caissons Le Corbusier, avec des livres du sol au plafond, des échelles et des tables de lectures, des fauteuils et méridiennes confortables de Jean Prouvé, d’Arne Jacobsen, de Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand et Frank Lloyd Wright, pour lire et se documenter. Bibliothèque qui contiendrait la collection complète des éditions des Trois Ourses, des éditions Mémo, celles des oeuvres complètes de Stefan Zweig, de Komagata, de J.G. Ballard, de Beckett, de Dostoeivski, d’Edgar Allan Poe, de Tolstoï, de Dumas, de Balzac, de Joyce Carol Oates, de Borges, de Foucault, Deleuze, des livres sur l’art, le design, des livres pour enfants, des contes, des livres de photographies, des biographies, des lettres, des récits de voyages, tout cela animé par d’objets des frères Bouroullec, des lampes de Magistretti, Castiglioni, Serge Mouille, Gae Aulenti et Poulsen et, une place serait faite à une collection de dessins et de gravures. Dans chaque pièce brûlerait de temps en temps une bougie particulière.

Pouvoir voyager au pays du Soleil Levant, passer quelques semaines à Rome, continuer à profiter des endroits qui nous sont chers pour divaguer en regarder les Alpes ou le lagon des heures durant sans rien faire d’autre que profiter du temps, d’un livre et de l’immensité de la nature à observer sans penser au temps qui passe.

Vivre quelques jours avec Charlotte Perriand, converser avec Bruno Munari, apprendre à jouer aux échecs avec Marcel Duchamp, rencontrer et échanger avec Walter Bonatti ou Whymper et Monsieur Guerin. Avoir un moment de discussion avec Wassily Kandinsky et Walter Gropius et, toujours partager de longues conversations avec des amis autour autour d’un dîner. Apprendre à dessiner avec Windsor McCay et Mélanie Rutten. Assister à une séance photo de Gregory Crewdson et, rencontrer Jean-Luc Godard même s’il est semble-t-il bourru et peu enclin à la causerie. Discuter avec Fritz Lang et Ingmar Bergman et, déjeuner avec Chris Marker puis prendre un verre avec Bela Tarr et Shinji Ayoama.

Se raconter une histoire, se nourrir de ses rêves pour avancer, laisser vivre la magie de l’imaginaire.

SDA

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