Auguste & Ava | Le programme de votre week-end
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Le programme de votre week-end

19 Sep Le programme de votre week-end

Septembre et sa rentrée, la vie qui reprend son cours avec le questionnement habituel des premiers week end de vernissages : par quelle galerie commencer son parcours ? Après de multiples activités familiales, je me décide de commencer par l’expo « David Goldblatt » chez Marian Goodman, d’une part car j’aime le travail de ce photographe sud-africain et parce que sont exposées des photographies de la série « Structures », d’autre part car une femme que j’apprécie énormément – Frédérique Destribats – y présente un livre d’entretiens entre Goldblatt et Baptiste Lignel. Deux bonnes raisons donc d’y aller. Je suis vite concentrée sur ces photographies qui déroulent sous mes yeux l’histoire d’un pays, d’une domination et, d’un post Apartheid au travers de son architecture, de ses constructions. Je ne suis pas en train de lire un roman de Coetzee mais, ressant la même intensité/force, ai la même sensation de sentir des odeurs de terre, d’hommes qu’à la lecture d’un des livres de cet auteur. Il y a ici également une aura poétique, une douceur, une manière d’offrir son pays au regard d’autrui qui me touchent. Je quitte cette exposition en me disant que j’aurai commencé ma périgrination par une belle œuvre et, que je pourrais m’arrêter là.

En marchant, je décide finalement de continuer mes visites, tout ne m’emballera pas autant mais, que de belles surprises et expositions intéressantes m’attendaient !

J’entre chez Almine Rech et me retrouve dans une exposition collective qui dévoile du mobilier, des tapis, des tableaux. Art et arts décoratifs se mêlent et rendent la galerie plus familière. L’on rappelle ici qu’un artiste peut aussi être le créateur d’un objet à utiliser, qui pourra être expérimenté dans son quotidien et, que des matières tel le lin, le tissu, la laine peuvent aussi être celles qui permettent de créer une toile. Chaque époque a connu ces croisements d’une manière plus au moins marquée rappelant que l’artiste n’a pas de limite, Arts and Crafts, l’Art Nouveau et le Bauhaus en sont de beaux exemples dans l’histoire. Cette exposition nous montre que ces va-et-vient perdurent avec entre autres des pièces d’Ayan Farah, Mark Barrow & Sarah Parke, Peter Peri et Brent Wadden. Pour ma part rien que pour les pièces de ce dernier, j’y retournerai.

Je me dirige ensuite chez Perrotin et, quelle magnifique surprise que de me retrouver face à toute la force du travail de Laurent Grasso. Les oeuvres se révèlent à nous dans un cheminement intrigant, dérangeant, mêlant cosmologie, science fiction, fiction, beauté, catastrophe. Tout est là pour éblouir, surprendre. Pour ma part, ce sont plus particulièrement les petits tableaux de l’artiste qui font remettre l’être à sa place face à l’immensité de l’univers, à réfléchir sur une temporalité, qui me fascinent. Je m’interroge toujours quant à leur date de création car ces huiles sur chêne semblent tout droit sorties d’un atelier de peintre médiéval or elles sont bien contemporaines créées par l’artiste avec une grande maîtrise des techniques anciennes.

expos septembre 2014-2

© Aude Boissonnas

Je continue mes visites, sans grande surprise puis termine mon parcours par la rue Vieille du Temple. Je monte d’abord l’escalier qui mène chez Xippas pour voir les dessins et peintures d’Yves Belorgey. Je me souviens encore de sa première expo dans ce même lieu qui m’avait tant marquée. Il est toujours aussi étrange de se retrouver confrontée à ce qui nous est commun à cette échelle, avec cette précision. Des détails d’intérieurs se font deviner dans les fusains d’habitations et commerces de la rue des Pyrénées par exemple et les peintures se font plus « minérales » : un arbre apparaît de temps à autre et, ouvre le champ vers une autre réflexion quant à l’urbain et à l’humain dans ce contexte bétonné ! Ce n’est pas une balade tranquille que de traverser les paysages urbains d’Yves Bélorgey mais, une confrontation frontale avec ceux que l’on traverse chaque jour.

J’achève ma boulimie artistique chez Lambert, sans me souvenir de qui était exposé mais, surtout pour croiser une amie que je ne verrai au final pas. Je me faufile entre les gens pour voir les œuvres. Je suis surprise et aspirée par l’installation de la première salle et, tiraillée entre les pièces de la deuxième. Que dois je d’abord regarder ? Est-ce que je reste observer ces danseuses s’effleurant, cette danseuse évoluant seule, car cela m’étouffe presque ? C’est beau, troublant, ces corps de qui se mêlent, se repoussent, cette danse seule (Juliette sans Roméo), les ailes et plumes blanches tâchées de noir, les blanches immaculées. Je suis comme prise dans un tourbillon. Cette dualité intense qui rappelle celle du cygne noir et du cygne blanc. Ce sont effectivement le Bolchoï et ses grands classiques qui sont en toile de fond de ces installations hypnotiques ! De la peur et de la joie, de la beauté pure, le côté obscur, de la douleur et de la douceur tout est là pour nous perdre dans une intense expérience sensorielle. Je repense aux photos de cette danseuse exilée, à toute la fragilité de son être comme à la fin d’un règne d’étoile, au verre brisé des ampoules qui me rappelle la colophane dans laquelle le danseur frotte ses chaussons pour les rendre moins glissant et éviter la chute fatale. C’est fascinant, je prends une claque et ressors troublée. Quelques jours plus tard, cette exposition me hante encore.

SDA

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Galerie Marian Goodman, 79, rue du Temple, 75003 Paris

« David Goldblatt : Structures of Dominion and Democracy », jusqu’au 18 octobre 2014

www.mariangoodman.com

Galerie Almine Rech, 64, rue de Turenne, 75003 Paris

Dans un intérieur, jusqu’au 11 octobre 2014

www.alminerech.com

Galerie Perrotin, 76, rue de Turenne et 10, Impasse Saint-Claude, 75003 Paris

Laurent Grasso Soleil double et Wim Delvoye, jusqu’au 31 octobre 2014

www.perrotin.com

Galerie Yvon Lambert, 108, rue vieille du Temple, 75003 Paris

Anna Gaskell – Douglas Gordon Vampyr, jusqu’au 25 octobre 2014

www.yvon-lambert.com

Galerie Xippas, 108, rue Vieille du Temple, 75003 Paris

Yves Belorgey : La Mémé, La Maladrerie, Bois le Prêtre, Spinoza, Rue des Pyrénées, jusqu’au 4 octobre 2014

www.xippas.com

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